RWANDA GENOCIDE (french)

Alors que le gouvernement de Kigali hésite de publier le rapport Mutsinzi (réchauffement des relations France-Rwanda oblige: chantage), Colette Braeckman en remet une couche sur une thèse complètement saugrenue d'origine FPR

Habyarimana tué par les siens

BRAECKMAN,Colette (Le Soir.be)

Lundi 14 décembre 2009

Rwanda Kigali a mené l’enquête sur l’attentat qui a tué l’ex-président rwandais

Qui a abattu l’avion du président rwandais Habyarimana, le 6 avril 1994, attentat qui servit de prélude au génocide ? Depuis seize ans, cette question ne hante pas seulement les Rwandais : elle a longtemps envenimé les relations entre Paris et Kigali, jusqu’au rétablissement récent de leurs relations diplomatiques.

Voici deux ans, en réponse à l’instruction menée à ce propos par le juge français anti-terroriste Jean-Louis Bruguière, qui avait débouché sur l’inculpation de neuf hauts dirigeants du Front patriotique (le parti du président Kagame), les autorités de Kigali décidèrent enfin de mener leur propre investigation.

Une commission composée de sept enquêteurs, dirigée par Jean Mutzinzi, ancien président de la Cour Suprême du Rwanda, explora minutieusement toutes les sources disponibles : les documents et témoignages produits à Arusha devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), les notes d’audience des tribunaux rwandais et des juridictions populaires « gaçaça » ainsi que les comptes rendus d’audition réalisés en Belgique par l’auditorat militaire après la mort des dix Casques bleus.

Mais surtout, les enquêteurs ont eu accès à 557 témoins rwandais, anciens acteurs politiques, ex-miliciens et militaires, et, en particulier des soldats et des officiers qui, le 6 avril, se trouvaient dans le camp de la garde présidentielle à Kanombe, à deux pas de l’aéroport.

Alors que le rapport Mutzinzi est terminé depuis plusieurs semaines, Kigali le garde toujours sous le boisseau. Cependant, le magazine africain Continental (www.continentalmag.com) vient de publier plusieurs extraits de ce document explosif. Il apparaît que l’enquête rwandaise rejoint les hypothèses formulées par Le Soir dès les premières semaines ayant suivi l’attentat : la responsabilité de la disparition du président Habyarimana incomberait aux extrémistes hutus de son entourage. Ces derniers, dont le colonel Bagosora, s’estimaient trahis par le chef d’Etat qui s’était résigné à céder aux pressions internationales et avait fini par accepter, conformément aux accords d’Arusha qui prévoyaient le partage du pouvoir, d’inclure le FPR non seulement dans le gouvernement de transition mais aussi dans l’armée. Pour de nombreux officiers, touchés par la limite d’âge, dont Bagosora, il s’agissait là non seulement d’une défaite politique (le partage du pouvoir avec les Tutsis abhorrés) mais aussi de la perte de nombreux privilèges.

Le rapport reprend longuement une thèse partagée par la plupart des Belges qui vivaient au Rwanda à l’époque : le président Habyarimana, très affaibli, avait été condamné par les siens. Bien avant le 6 avril, des rumeurs concernant sa fin prochaine couraient dans la ville. Plusieurs anciens militaires évoquent cette mort programmée, rappellent l’existence d’une association d’officiers extrémistes, Amasasu, qui combattaient énergiquement les accords d’Arusha et la fusion des deux armées.

Ces témoins décrivent aussi l’atmosphère particulière qui régnait dans le camp Kanombe la veille de l’attentat. Selon le document cité par le magazine, le tir de missiles serait d’ailleurs parti du camp Kanombe, un fief de la garde présidentielle, inaccessible aux soldats tutsis du FPR, ce qui explique pourquoi, abattu à très basse altitude, l’appareil s’est écrasé en feu dans les jardins même de la présidence.

Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /2009 23:21
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Chère Madame Colette Braeckman,
La présente est en réaction de votre article paru le lundi 14 décembre 2009 dans le journal Le Soir de Belgique.
Le fait que les autorités du FPR se sont évertuées de concocter un rapport sur l’assassinat du président Juvénal Habyarimana et compagnie, et en donner une orientation à leur gré ne signifie point que le commando à la solde du FPR et les étrangers n’aient pas commis cet infâme crime. Désigner le colonel Bagosora comme le commanditaire de cet attentat n’est que pure affabulation qui vise à se dédouaner de l’impassable qui a conduit le pays dans le précipice.
J’attire infiniment votre attention que vous auriez pu, si cela était votre intention, d’être objective dans vos démarches, et d’avoir l’audace de chercher à rencontrer du moins les officiers présents au camp Colonel Mayuya au moment des faits. De la même façon, votre intérêt pour ce dossier vous aurez incité d’éplucher les paroles de votre ministre des affaires étrangères au moment de l’hécatombe, tout comme différentes veules initiatives prises par les enquêteurs du TPIR auraient en principe suscités en vous une certaine curiosité professionnelle.
Ce que je peux vous dire à ce sujet, si vous me permettez de vous en toucher deux mots, sans entrer en profondeur du dossier, c’est que le missile n’est pas parti, tel que prétendu par le FPR, du camp Colonel Mayuya. Non plus le colonel Bagosora n’est nullement impliqué dans cet attentat aux allures internationales.
Pour ce cela, je vous recommanderai de revoir la topographie du camp Colonel Mayuya, et de tirer vous-même les conclusions des élucubrations du FPR et des soi-disant témoins. Ensuite, je vous implorerai humblement de retourner au mois de janvier 1994, et d’analyser de point en point, fait par fait, d’entamer hardiment les mois suivant de la même année jusqu’à la date fatidique, et vous verrez que le FPR a mené des arcades durant cette période visée. In fine, ayez le professionnalisme de scruter à la loupe la réunion de Dar-Es-Salaam, et surtout de ceux qui en sont les initiateurs. Lisez attentivement le livre du Colonel Luc Marchal, et essayez d’en saisir un tout petit peu les pourtours. Et à partir de là, confirmer ou infirmer ce que vous croyez être vos hypothèses. J’étais à Kanombe dans ce camp, et je vous parle en connaissance de cause de surcroît que j’ai été touché directement par cet attentat.
Comme prémisses, Bagosora et compagnie n’ont rien à voir avec ce geste fratricide du 06 avril 1994. Je prise ainsi sans ambages que la main d’un commando du FPR assisté par celle de l’étranger est à l’origine de cet attentat visiblement bien préparé, et ourdi dans le dessein de prendre le pouvoir et de pousser à la pérégrination les Rwandais considérés par le FPR comme la plèbe.
Esquiver la vérité de la souffrance des Rwandais qui sous-tend de cette irresponsabilité du 06 avril 1994 résulte de la perfidie, et de manque de compassion de ceux qui ont été plongés de force dans l’adversité commencée le 01 octobre 1990 par le FPR. Ma demande à votre égard est de laisser tomber cette joute honteuse menée avec mensonge.
Jean Claude SEYOBOKA
Ex-officier des FAR
Mardi 5 janvier 2010 2 05 /01 /2010 00:06
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 Par Kanyarwanda Veritas

 
Rwanda/Attentat du 6 avril 1994-  L'enquête qui accuse les extrémistes Hutu:

Continental Magazine

Vendredi  4 décembre 2009

 

A lire les éléments du rapport Mutsinzi sans en faire l'analyse, les non avertis peuvent  les prendre pour accablantsHaby.jpg à l'instar du sensationnel rapport Jean de Dieu Mucyo contre la France. Mais pour ceux qui connaissent les méthodes et les stratégies du FPR et celles qui sont appliquées par les commissions créées par le régime de Kigali, ils constatent d'emblée que  le rapport Mutsinzi est un ensemble de témoignages faits sur commande ou fabriqués et confiés aux "témoins" pour les exposer, ensemble de situations et d'informations travesties et de documents interprétés dans le but de la désinformation et de la manipulation de l'opinion. Bref le rapport de la Commission Mutsinzi est un dossier de diversion!

 Ma mise au point porte sur la Commission elle-même d'une part et  sur les extraits de certains  témoignages et documents présentés d'autre part.


 La Commission Mutsinzi:

 Continental Magazine présente la Commission Mutsinzi comme, le "Comité indépendant d'experts" présidé par Jean Mutsinzi, président de la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples et ancien président de la Cour Suprême du Rwanda. Cette commission composée de membres du FPR ne peut être  crédible, indépendante ni impartiale puisqu'elle est créée par   le FPR qui se fait juge alors qu'il est aussi partie. En plus la désignation d'un fonctionnaire international à la tête de cette  commission est teintée d'escroquerie. Bien que Mutsinzi soit Rwandais; le Gouvernement rwandais ne devrait pas lui confier une mission qui se confond avec sa fonction à la Commission de l'Union Africaine.  Ceci est fait pour forcer la crédibilité de son rapport. La Commission n'est pas indépendante parce qu'elle rend compte au gouvernement rwandais et ne peut pas rendre public son rapport qui a déjà été remis et refusé par le gouvernement rwandais à deux reprises. La Commission  est obligée de consigner dans le rapport non pas son constat  et son point de vue mais plutôt  les vues du FPR.

 Le gouvernement rwandais aurait dû demander soit à l'ONU, soit à l'Union Africaine, de créer une Commission réellement Indépendante, à laquelle le gouvernement rwandais n'aurait pas le droit d'injonction, composée d'enquêteurs étrangers, comprenant  notamment des  représentants de l'OACI et de l'assureur du Falcon 50 présidentiel. Le rapport d'une telle Commission ne subirait aucune modification, ajout, retrait ni retouche de la part du gouvernement rwandais. Une telle commission  serait non seulement indépendante mais aussi et surtout impartiale. Elle aurait pu par exemple chercher des témoins se trouvant à l'étranger qui occupaient les postes de responsabilité leur offrant la possibilité de connaître des situations et posséder des informations  auxquelles un simple soldat, sous-officier et n'importe quel officier, de la catégorie des témoins de la Commission Mutsinzi ne pouvait pas avoir accès.

 Il aurait fallu une Commission  libérée du préjugé considérant tous les réfugiés rwandais comme des gens qui ont à cacher  ou à se reprocher. Les gens ont fui la mort  semée par le FPR. Si les FAR s'étaient rendues tous les officiers auraient  été exécutés sur le champ de bataille et le débat contradictoire actuel ne serait pas, car "aucun témoin n'aurait survécu". La preuve étant que beaucoup d'officiers Ex-FAR qui se sont remis au FPR et ceux qui sont retournés ou ont été rapatriés, ont été tués avec leurs familles Pour avoir des détails consulter www.virungavision.com., chercher le document "Situation des Ex-FAR" et relever les noms de ceux qui ont été tués par le FPR. Il est donc tendancieux de prétendre que les personnes se trouvant en exil ne peuvent pas donner un témoignage juste et se baser sur ce préjugé pour mettre en cause l'enquête du Juge Jean Louis  Bruguière.  

 Le FPR fabrique des fausses accusations contre ces témoins potentiels se trouvant en exil pour les discréditer. C'est plutôt ceux-là que les commissions d'enquêtes indépendantes doivent contacter sans tenir compte des fausses accusations de Kigali. Par contre il faut savoir que personne se trouvant au Rwanda ne peut évoquer la thèse impliquant le FPR, autrement dit Paul Kagame, dans l'assassinat du Président Habyarimana, le rendant responsable de la catastrophe d'avril 1994, au moment où on ne peut même pas accuser individuellement un simple soldat  du FPR qui a tué un parent ou un proche parent.

 Continental Magazine reproche  au juge J. L. Bruguière d'avoir établi l'ordonnance contre les suspects rwandais sans les avoir contradictoirement entendus. Pourtant tous les détenus du TPIR ont toujours fait objet de mandat d'arrêt sans avoir cherché à les localiser, conduire des commissions rogatoires et les entendre avant de délivrer les mandats. De même Kigali établit des listes des "suspects" qui sont utilisées comme des mandats d'arrêts alors qu'il n'a conduit aucune commission rogatoire. Kigali a même condamné certains réfugiés par contumace sans être allé les entendre dans les pays d'asile. Le Colonel Théoneste Bagosora et le Major  Aloys Ntabakuze sont cités dans le rapport Mutsinzi alors qu'il ne figure nulle part que ce dernier est pas allé les entendre.

 En conclusion sur ce sujet, le gouvernement rwandais  du FPR étant partie n'a pas d'autorité morale de créer une commission  quelconque sur le drame rwandais, et de surcroît composée uniquement de membres du FPR. Il aurait fallu au moins associer des membres de famille des victimes. Il faut une commission internationale indépendante et impartiale, composée de vrais experts, capables de contacter sans préjugé les personnes susceptibles de posséder une information crédible et non des gens de connaissances douteuses, préparés et entraînés au témoignage qu'ils donnent ou se trouvant dans les conditions où ils n'ont pas la liberté d'expression, craignant pour leur sécurité.


 Mise au point sur les extraits du rapport Mutsinzi

Les Accords d'Arusha

 
"Les Accords d'Arusha doivent entrer en application à partir de la fin 1993. Mais sous la pression des extrémistes Hutu de son entourage, le président Habyarimana en repousse l'échéance¨à plusieurs reprises".

 C'est un mensonge  et de la désinformation flagrants.

En effet la signature de l' Accord de Paix d'Arusha eut lieu le 4 août 1993 et les Accords devaient  entrer en application 34 ou 37 jours après, soit le 7  ou le 10 septembre 1993, par la prestation de serment des membres des Institutions de Transitions à Base Elargie (au FPR). Les Accords avaient réparti les départements ministériels entre les partis politiques  et le FPR, et attribué le nombre de sièges revenant à chaque parti au Parlement de transition. Ce sont les partis politiques et le FPR qui devaient désigner leurs représentants dans les Institutions de transition et en remettre la liste au Premier Ministre et au Président de la république pour organiser les cérémonies de prestation de serment. Le parti du Président Habyarimana était prêt selon l'échéancier. Par contre les autres partis politiques et le FPR n'avaient pas encore fini de désigner leurs représentants. Au mois de novembre ou début décembre 1993 la MINUAR a organisé une rencontre entre la partie gouvernementale et le FPR à Mulindi, quartier général du FPR, pour faire le constat de ce retard. La partie gouvernementale était représentée notamment par le Ministre Félicien Gatabazi, chef de délégation, le Ministre Frédéric Nzamurambaho, le Chef d'Etat- major de la Gendarmerie Nationale, alors Colonel BEM Augustin Ndindiliyimana, un haut fonctionnaire du Ministère des Affaires Etrangères Amri Sued, et d'autres. Paul Kagame dirigeait la délégation du FPR comprenant notamment le Conseiller du Président du FPR aux affaires politiques et d'autres. La réunion a constaté que le retard n'était dû à la mauvaise volonté d'aucune partie, et reconnu que les deux parties ont éprouvé  de réelles difficultés internes à respecter le calendrier. Le FPR était prêt le 28 décembre 1993 et il a envoyé à Kigali ses représentants. La prestation de Serment du Président de la République ouvrant le ban des séances de prestation de serment des autres Institutions de Transition eut lieu le 5 janvier 1994. Les autres Institutions ne pourront pas prêter serment suite aux divergences  dues à l'implosion de certains partis politiques, la polarisation de leurs franges et l'impossibilité de s'entendre sur les listes à présenter.  Le FPR s'en mêlera,  exigera la prestation de serment de la frange qui lui était alliée, s'opposera à la participation de la CDR aux Institutions de Transition alors qu'elle en avait le droit, et boycottera la séance de prestation de serment des membres du parlement. Le Président Habyarimana ne faisait que demander aux partis politiques  scindés en deux de s'entendre sur une liste commune  et de la présenter pour organiser la prestation de serment. Le statu quo persistera jusqu'à son assassinat. Voici l'extrait de son dernier discours radiodiffusé le 15 janvier 1994:

« Je voudrais vous rappeler à nouveau que l'Accord de Paix d'Arusha accorde des pouvoirs étendus aux partis politiques devant participer aux Institutions de la transition. Cet accord leur confie en effet la responsabilité de désigner leurs représentants à l'Assemblée Nationale de Transition. Il détermine le nombre de portefeuilles ministériels dévolus à chaque parti, ainsi que le nombre de leurs députés à l'assemblée nationale de transition. Dès lors, aucune personne, aucune institution, ne peut dépouiller les partis et formations politiques des droits qui leur sont reconnus par l'Accord de Paix d'Arusha

 Nous devons donc respecter le prescrit de l'Accord de paix et éviter de nous ingérer dans la gestion interne des partis. Nous devons laisser aux responsables des partis politiques le soin de prendre souverainement les décisions dans le respect des statuts de leurs partis.

 C'est dans cette voie du respect des  lois et règlements que nous avons tous choisis, en posant la signature sur l'Accord de Paix.

 Nous devons, par conséquent, demander avec insistance aux forces politiques qui n'ont pas encore obtenu en leur sein, le consensus sur les listes de leurs représentants à l'Assemblée nationale de transition et au Gouvernement de Transition à Base Elargie, de mettre tout en œuvre pour enrayer rapidement les entraves afin d'aider notre pays à sortir de l'impasse et de permettre la poursuite de la mise en place des Institutions prévues par l'Accord de paix d'Arusha ».[…]

 « C'est pour cette raison qu'informé de l'impasse dans laquelle se trouvent les négociations engagées par ces partis, il m'est d'avis que nous devons nous imposer la ligne de conduite suivante et le calendrier ci-après qui devraient nous conduire à la mise en place la semaine prochaine, des deux Institutions de la transition restantes, à savoir l'Assemblée nationale de Transition et le Gouvernement de Transition à Base Elargie.

 1. Nous ne pouvons en aucun cas contourner ni l'Accord de Paix d'Arusha, ni la loi sur les Partis Politiques, ni les Statuts des partis politiques. Agir autrement, ne nous amènerait à aucune solution, car ce serait aller dangereusement à l'encontre de notre engagement de baser notre conduite sur les principes de l'Etat de droit. C'est pour cela que nous devons à tout prix ne tenir en considération que les listes fournies par les Représentants légaux des partis politiques.

 2. Toute personne qui aurait à redire sur ces listes fournies par les Représentants Légaux de son parti devrait recourir aux instances judiciaires, comme le prévoit l'article 28 de la loi sur les partis politiques. Elle pourrait tout autant s'en référer aux instances compétentes de son parti, conformément aux statuts, pour que justice lui soit faite.

3. Je souhaite que tout cela soit terminé au plus tard le jeudi 20 janvier 1994. Ainsi, nous serions à mesure de mettre sur pied rapidement, les Institutions de la transition, dans le respect des lois et des statuts des partis. Cela ne contrarie en rien quiconque se sentirait lésé de continuer à recourir auprès des instances habilitées mais également de continuer à favoriser le processus de réconciliation entre les diverses tendances des partis politiques ».


Assertion de Continental Magazine:

"De nombreux témoins racontent qu'à partir du début de l'année 1994, la planification de l'assassinat du président Habyarimana était un secret de polichinelle parmi les unités d'élite du camp de Kanombe. La menace se faisait à ce point précise que divers officiers ont même annoncé, de façon prémonitoire, que le président Habyarimana serait tué dans un attentat contre son avion ".

 Toutefois  si cette information circulait de façon prémonitoire au sein des Unités de Kanombe le commandement du Camp et les unités basées à Kanombe en auraient  informé l'Etat-major de l' Armée rwandaise par  un Compte Rendu  Occasionnel de Sécurité (CROS). Or aucun n'a signalé cette situation. Par contre l' Etat-major de l' Armée rwandaise avait des dizaines d'informations provenant d'autres sources depuis  le 21 novembre 1993 qui se sont succédées au fur et à mesure, toutes parlant du complot ourdi par FPR et jamais  d'un complot interne aux FAR. Des exemples:

 -L'information du 21 Novembre 1993 signale la présence d'un escadron du FPR infiltré dans la Capitale Kigali pour enlever et assassiner le Chef de l'Etat.

 -L'information du 5 Janvier 1994, signale que le bataillon  FPR au CND possède des missiles SAM 7. Le jour de l'arrivée du bataillon du FPR à Kigali le 28 décembre 1993 les infiltrés qui ont été déversés dans la ville de Kigali ce jour-là, selon le rapport du commandant du bataillon PM susmentionné, n'étaient certainement pas tous briefés sur la discrétion et ont raconté que le FPR avait amené des armes non contrôlées et non autorisées. La population a entendu et parlé, et l'information est arrivée aux renseignements militaires de l'Armée Rwandaise.

 -Le rapport de renseignement du 12 janvier 1994, signalait que le FPR a tenté de tuer le Président Habyarimana  pendant ses déplacements par route, mais qu'il a échoué à cause des mesures de sécurité prises par la Garde Présidentielle, que le Président Habyarimana sera abattu à bord d'un aéronef et que ça passera inaperçu.

 -En janvier 1994, une lettre adressée à Kagame et saisie à  Muhura-Byumba sur un certain Zubere de Nyamirambo ville de Kigali, disait qu'il n'était pas facile d'assassiner le Président Habyarimana sauf avec au moins 100 Hommes en tenue civile. Le passeur avait évité la route normale Kigali- Mulindi et avait utilisé des chemins détournés pour emmener ce rapport à Kagame.

 -Le 14 février 1994 un militaire de la MINUAR a signalé que le FPR au CND possédait des Missiles SAM avec certitude.

 -La dernière information datait du  2 avril 1994 faisait état de la combinaison des assassinats des autorités civiles et militaires et leaders des partis politiques proches du MRND et éliminer spécialement le Chef de l'Etat et le Chef d'Etat-Major de l'Armée Rwandaise, déclencher simultanément l'offensive généralisée et foncer sur Kigali. Ces attaques étant prévues entre le 03 et le 09 avril 1994.  Cette information de source européenne suggérait que le Président Habyarimana ne fasse pas le déplacement du 6 avril 1994 à Dar es Salaam.

 C'est certainement ces informations qui sont parvenues aux soldats étant déformées  ou  qui étaient délibérément travesties et retournées contre les militaires de l' Armée rwandaise pour semer la confusion, si réellement elles ont circulé au camp Kanombe. Partant, si au cours de la réception à l'Hôtel Méridien le 4 avril 1994  le Colonel Théoneste Bagosora "a déclaré qu'il était opposé au déplacement du président de la République en Tanzanie et que l'avion dans lequel il voyagera sera abattu", c'est bien  suite à cette information du 3 avril 1994. Sa déclaration montre que le Colonel Bagosora se souciait de la sécurité du Président Habyarimana plutôt que de planifier son assassinat. Interpréter cette déclaration comme si Bagosora disait qu'il allait commanditer l'assassinat du Président Habyarimana, c'est travestir sa pensée. S'il avait le plan  d'abattre l'avion du Président, ce déplacement étant  une occasion propice, Bagosora ne se serait pas opposé et ne l'aurait pas déclaré. Lui attribuer l'attentat c'est antithétique!


 Commande, livraison, détention et maniement des  missiles SAM.

Les anciennes autorités militaires rwandaises ne nient pas les différentes commandes qui ont été faites. La volonté d'acquérir des armes anti-aériennes  a bien existé et n'est que normale. Cependant il n'y eut aucune livraison. 

 La Commission Mutsinzi semble travestir la lettre de l'Ambassade de Russsie. "Le 13 juillet 1992, l' Ambassadeur de Russie au Rwanda adresse une note verbale positive au Ministre Rwandais des Affaires Etrangères" portant notamment sur la fourniture des armes anti-aériennes dont les missiles, SAM- 16".  La deuxième partie de l'extrait parlant de la fourniture semble être un ajout de la commission puisque celle-ci ne l'a pas mise entre guillemets. De toutes les façons la note verbale diplomatique portant accord de fourniture diffère de la note ou du bordereau de livraison  de l'usine de fabrication, des entrepôts d'une autre armée ou d'un autre fournisseur agréé, avec la liste des matériels et leurs numéros de série. Ladite note verbale de l' Ambassade de Russie contient-elle cette liste?

 Il aurait fallu chercher l'ancien chef du service de Gestion et approvisionnement au Ministère de la défense et lui demander s'il y eut livraison de missiles SAM commandés et de quel fournisseur. Il aurait fallu chercher et entendre l'ancien Commandant de la Base militaire de l' Armée rwandaise qui avait la gestion de l'armement dans ses attributions pour savoir s'il a réceptionné des missiles SAM, quelle provenance,  s'il les a stockés dans ses entrepôts et à quelle unité il les a livrés.

 Concernant la détention et le maniement des SAM il aurait fallu chercher et entendre l'ancien Commandant du Camp Colonel Mayuya (camp Kanombe) et commandant du Secteur opérationnel de la ville de Kigali,  le Commandant de l'Artillerie de Campagne et des anciens officiers du Bataillon  Anti-aérien. Il aurait fallu notamment demander si cette unité spécialisée, qui devait détenir les missiles anti-aériennes  si les FAR en étaient dotées, avait au moins un seul militaire qui  connaissait des missiles anti-aériens, les avait vus et  manipulés,  avait  reçu un entraînement et où il l'a reçu.

 Il aurait fallu aussi chercher des anciens officiers de la Garde présidentielle se trouvant à l'étranger et leur demander si l'un ou l'autre militaire de leur unité a reçu un entraînement aux Missiles anti-aériens, si cette unité était dotée de telles armes, depuis quand et de quelle provenance. Mais aussi la Commission Mutsinzi semble ne pas avoir interrogé le Colonel Evariste Murenzi, ancien officier de la Garde présidentielle qui s'est distingué par la délation dans le dossier Mucyo contre la France. Sinon il a eu le courage de dire que la garde présidentielle n'a jamais possédé les missiles SAM et son témoignage n'a pas été retenu tout simplement.

 Il aurait fallu chercher  l'ancien G1 (Chef du personnel) de l'Armée rwandaise et l'ancien chef de service de la Coopération militaire au Ministère de la défense  et leur demander s'il y eut un militaire Ex-FAR qui reçut un entraînement aux missiles anti-aériens. Il aurait fallu même interroger le dernier chef du personnel au Ministère de la défense et lui demander s'il y a eu un seul militaire des FAR qui a reçu un tel entraînement.


 Le Document: Rwanda Downwara Spiral

 "Dès le 8 avril 1994, le Département d'Etat Américain reçoit des informations du Haut Commandement  de l' Armée rwandaise selon lesquelles un  missile tiré par les extrémistes Hutu de la Garde présidentielle  a abattu l'avion transportant les Présidents….conformément à l' Ambassade à Kigali et DAO  (Defense Attaché Officer) à Yaoundé. Il est significatif que personne au sein du Commandement rwandais n'accuse le FPR d'être à l'origine de l' attentat" précise le document.

 Ce rapport semble être de la désinformation destinée à orienter les décisions des autorités américaines. Il serait important de savoir à quel moment l' Ambassade des USA à Kigali et DAO à Yaoundé ont reçu ladite information et de la part de qui (la personne).  Il faut savoir si c'est à l' Ambassadeur des USA lui-même que l'information a été livrée directement  ou s'il a été informé par l'un ou l'autre de ses agents et si cette information a été transmise  à Washington  par ses propres soins! Le DAO Yaoundé a-t-il reçu l'information directement par la même source (personne) du "Haut commandement de l' Armée rwandaise"? Si oui, comment ce service étranger basé à l'étranger recevait-il directement des informations du "Haut commandement de l' Armée rwandaise"? Sinon a-t-il été informé par l' Ambassade des USA à Kigali?

 Que veut-on dire par "Haut Commandement de l' Armée  Rwandaise" puisque cette terminologie n'était pas d'usage à l' Armée rwandaise? S'il s'agit de l' Etat-major de l' Armée rwandaise, cela suppose que l'information devrait avoir été livrée à l'Ambassade des USA par une autorité habilitée pour être acceptée. Si l'information  émane de l' Etat-major de l' Armée rwandaise  et qu'elle date du 7 ou 8 avril, ce devrait être le Colonel Joseph Murasampongo  remplaçant le chef d'Etat- major qui l'aurait livrée pour lui accorder une certaine probabilité. Le Colonel BEM Marcel Gatsinzi désigné Chef d'Etat- major ad intérim de l' Armée Rwandaise n'étant arrivé à  Kigali que le 8 avril  vers 17 heures et pris ses fonctions dans la soirée.

 Si par "Haut Commandement de l' Armée rwandaise" on veut plutôt dire le Commandement des Forces Armées rwandaises, terme consacré pour désigner le Commandement de l' Armée rwandaise et  celui de la Gendarmerie nationale réunis autour du Ministre de la défense, l'information devrait avoir été livrée par le Colonel Théoneste Bagosora, Directeur de Cabinet au MINADEF, le 7 avril 1994 avant-midi pour être acceptée comme provenant des FAR, car c'était lui l'autorité habilitée à parler au nom des FAR (voir notamment tous les communiqués qui sont sortis, c'es

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